Michel Tournier Avis de décès

Michel
Tournier

  • 19/12/1924 (Paris)
  • 18/01/2016 (Choisel)
  • Domicilié(e) à France

L'écrivain Michel Tournier, grande figure de la littérature française de la seconde moitié du XXe siècle, Prix Goncourt pour 'Le roi des Aulnes', est décédé le 18 janvier 2016 à 91 ans, dans l'ancien presbytère où il vivait à l'écart des mondanités parisiennes depuis un demi siècle. Il est mort vers 19H00, entouré de ses proches, dans le village de Choisel, en région parisienne.

"On vivait 24 heures sur 24 avec lui, il ne pouvait plus rester tout seul depuis trois mois" en raison de son état de faiblesse, a déclaré à l'AFP son filleul Laurent Feliculis, que l'écrivain considérait comme son fils adoptif et qui était présent à ses côtés au moment de son décès.

"Il souhaitait être enterré ici", a indiqué Alain Seigneur, le maire de Choisel, commune de quelque 550 habitants où l'écrivain résidait depuis 1957. "Ce village, il en était un peu amoureux. Il avait choisi l'emplacement de sa tombe au pied d'un arbre".

Il vivait depuis plus d'un demi-siècle dans son presbytère de Choisel, en région parisienne, où il avait été le voisin d'Ingrid Bergman. Le président François Mitterrand lui avait un jour rendu visite.

La disparition de Michel Tournier, cité pour le Nobel et largement traduit, seul auteur à avoir obtenu le Goncourt, le plus prestigieux prix littéraire français, à l'unanimité, a aussitôt suscité des hommages du monde de la culture.

"+À nos coeurs rendus malades par le temps, l'oeuvre d'art apporte un peu d'éternité+. Merci Michel Tournier pour ce morceau d'éternité. RIP", a quant à elle tweeté la ministre de la Culture Fleur Pellerin, citant l'écrivain. Dans un entretien au journal le Figaro publié en juin, l'écrivain jugeait son bilan "plutôt bon".

"A la fin de sa vie, on peut évaluer sa vie à partir de six critères: le physique, la famille, l'époque, les amitiés, l'amour, la profession. Mon bilan est plutôt bon, avec même ce sommet professionnel que représente le prix Goncourt. Le point faible, c'est l'époque où j'ai vécu", confiait-il.

Michel Tournier, dont l'oeuvre s'inspire des mythes fondateurs qu'il avait renouvelés avec humour et acuité, était venu sur le tard à la littérature, à plus de 40 ans. "Ce que j'avais à dire était à la fois tellement secret et tellement essentiel que j'ai eu besoin d'une longue maturation pour publier quoi que ce soit", expliquait-il.

En 1967, il obtient d'emblée le Grand Prix du roman de l'Académie Française avec 'Vendredi ou les limbes du Pacifique'. Il confirme, trois ans plus tard, avec 'Le Roi des Aulnes', porté à l'écran en 1996 par Volker Schloendorff, puis en 1975 avec 'Les Météores'.

'Le Roi des Aulnes' raconte l'histoire (reprise de Goethe) d'un ogre en Prusse orientale qui consomme de la chair humaine, séduit la jeunesse et la jette dans la guerre, une allégorie dans laquelle beaucoup ont vu Hitler. Le roman est le seul à avoir été choisi à l'unanimité des jurés pour le Goncourt.

De 1950 à 1968, il avait été traducteur, attaché de presse de la radio Europe 1, éditeur chez Plon, présentateur d'une émission télé sur la photographie.
Son oeuvre compte d'autres romans comme "Gaspard, Melchior et Balthazar" (1980), 'Eléazar ou la source et le buisson' (1996, sur l'ancien testament), des recueils de nouvelles tels 'Le Médianoche amoureux' (1989), des contes comme 'Le Coq de bruyère' (1978), des essais comme 'Le vol du vampire' (1981), des livres plus personnels comme 'Le Vent Paraclet' (1977) ou 'Journal extime' (2002).

Il avait publié une dizaine d'ouvrages sur la photo et participé avec Lucien Clergue à la création des Rencontres photographiques d'Arles (sud). Il avait écrit pour les enfants, notamment 'Vendredi ou la vie sauvage', adorant discuter de ses livres dans les écoles.

Sa dernière publication remonte à juin 2015: une correspondance avec son traducteur allemand Hellmut Waller menée depuis 1946. Ancien membre du comité de lecture de Gallimard, il avait été de 1972 à 2010 juré Goncourt, fonction qu'il avait quittée pour raison de santé. Il avait été fait le 1er janvier commandeur de la légion d'honneur.

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